Cinq exercices pour observer ce qui se passe en soi
Comprendre pourquoi l'observation de soi nous échappe la plupart du temps, comme nous l'avons vu dans l'article précédent, ne suffit pas à la faire advenir. Cette capacité se construit par la pratique, un peu comme un muscle qu'on ignorait posséder et qu'on découvre progressivement en le sollicitant. Voici cinq exercices simples, répartis sur la journée et sur la semaine, pour commencer.
Aucun ne demande de bouleverser votre emploi du temps. Certains se glissent dans une activité déjà prévue ; d'autres réclament quelques minutes de tranquillité, le soir ou en fin de semaine. L'essentiel n'est pas d'en faire beaucoup, mais d'en faire un ou deux régulièrement.
Pendant la journée
1. Commencer par le corps
Le corps est plus dense et plus lent que les émotions ou les pensées : c'est pour cette raison qu'il constitue le point de départ le plus accessible. Choisissez un moment ordinaire — une marche jusqu'aux transports, une attente à un guichet, un trajet en voiture — et portez simplement attention à ce que fait votre corps. Comment vous tenez-vous ? Où se logent les tensions, dans la mâchoire, les épaules, le ventre ? Ne cherchez pas à corriger quoi que ce soit pour l'instant. Contentez-vous de remarquer.
2. Une tâche banale, en pleine présence
Choisissez une activité que vous exécutez d'ordinaire sans y penser — faire la vaisselle, plier du linge, préparer un repas simple — et faites-la en portant une attention réelle à vos gestes, à ce que vous ressentez, aux pensées qui traversent votre esprit pendant que vous agissez. Cet exercice a un avantage précieux : il ne demande aucun temps supplémentaire, puisqu'il se glisse dans une tâche que vous auriez de toute façon accomplie.
Le soir
3. La revue de la journée, à rebours
Avant de vous coucher, accordez-vous quelques minutes de calme pour retraverser votre journée en partant de l'instant présent et en remontant jusqu'au lever. Essayez de retrouver vos pensées, vos ressentis, vos attitudes à chaque étape. Vous constaterez que certains moments reviennent avec précision, et que d'autres restent flous, presque absents — ce sont précisément les moments où vous n'étiez pas vraiment là. Répétée régulièrement, cette pratique aiguise peu à peu votre qualité de présence.
4. Repérer un état qui revient souvent
Choisissez un état intérieur qui se manifeste fréquemment chez vous — l'agacement, l'impatience, une forme d'anxiété diffuse — et observez, la prochaine fois qu'il se présente, comment il se traduit dans votre corps. Votre respiration se modifie-t-elle ? Vos mâchoires se crispent-elles ? Votre regard change-t-il ? Notez ce que vous découvrez, même sommairement. Avec le temps, ces signes physiques deviendront des signaux d'alerte précoces, qui vous permettront de reconnaître l'état avant qu'il ne prenne toute la place.
Une fois par semaine
5. Bilan de la semaine : mode de vie et relations
Accordez-vous un moment, chaque semaine, pour examiner sans jugement deux aspects de votre existence. D'abord votre mode de vie : quelles occupations vous ont nourri, lesquelles vous ont épuisé sans grand bénéfice en retour ? Votre équilibre veille-sommeil a-t-il tenu ? Ensuite vos relations : dans les échanges difficiles, avez-vous réussi à garder un peu de recul, ou avez-vous été emporté ? Dans les relations plus faciles, avez-vous pu être pleinement présent, ou étiez-vous ailleurs malgré vous ? Tenu avec régularité, ce bilan hebdomadaire révèle des tendances qu'un regard ponctuel ne permet jamais de voir.
Une pratique qui se construit dans la durée
Il est probable que les premières fois, vous oubliiez purement et simplement de pratiquer, ou que votre attention décroche au bout de quelques secondes sans que vous vous en rendiez compte. Cela ne signale aucun échec : c'est exactement ce à quoi il faut s'attendre au début, et cela concerne à peu près tout le monde qui s'y essaie sérieusement. La capacité à s'observer se renforce avec la répétition, pas avec la sévérité qu'on pourrait être tenté d'avoir envers soi-même. Un jugement dur porté sur ses propres oublis produit en général l'effet inverse de celui recherché : il décourage, là où un peu de constance suffit à faire progresser les choses.
→ Article complémentaire : Observer ce qui se passe en soi — pourquoi cette faculté nous échappe
© Jérôme Nathanaël 2020-2026. Tous droits réservés. Partage et citation autorisés avec mention de la source.
Avertissement : le contenu de ce blog est informatif et pédagogique. Il ne remplace en aucun cas un avis médical, un diagnostic, ni un suivi psychologique ou psychiatrique clinique. N'interrompez jamais un traitement sans l'avis de votre médecin. Voir le Cadre déontologique de ma pratique.
Découvrir les accompagnements
Si ce travail d'observation fait remonter des difficultés plus profondes, ou si vous sentez le besoin d'être accompagné(e) pour aller plus loin, vous pouvez découvrir mes accompagnements et choisir votre formule :
Posez vos questions et je vous réponds :
Accueil Qui suis-je ? Ma méthode Mes accompagnements Vos rendez-vous Ateliers & Conférences Le blog