Renouer avec soi : trois gestes concrets à essayer

Personne marchant dans un labyrinthe tracé sur le sable

Comprendre le masque qu'on porte, comme nous l'avons vu dans l'article précédent, ne suffit pas à le déposer. Voici trois gestes concrets, du plus simple au plus exigeant, pour commencer à renouer avec ce qu'il y a derrière.

1. L'inventaire de ce qui mérite votre fierté

Prenez un carnet, et notez ce qui, en vous, mérite d'être reconnu — sans le mesurer à ce qu'en penserait un proche, un collègue, ou l'époque en général. Cherchez large : un trait de caractère, une capacité que vous avez développée, une manière d'être avec les autres, une chose que vous avez traversée et dont vous êtes sorti debout. Même dans une période difficile, il existe toujours un endroit, même modeste, où quelque chose en vous continue de tenir. C'est celui-là qu'il s'agit de repérer.

Ne cherchez pas l'exhaustivité. Trois ou quatre lignes suffisent pour commencer. L'exercice gagne à être repris régulièrement, plutôt que fait une seule fois puis oublié.

2. Le vêtement bien ajusté

Posez-vous ensuite une série de questions sur les grands pans de votre existence : vos engagements, votre mode de vie, vos relations, votre travail. Est-ce que chacun de ces aspects vous va comme un vêtement taillé à vos mesures ? Ou avez-vous parfois l'impression d'avoir emprunté les habits de quelqu'un d'autre — ceux que votre famille, votre éducation, ou le milieu dans lequel vous avez grandi, vous ont en quelque sorte tendus sans que vous ayez eu vraiment à choisir ?

Il n'y a pas de bonne réponse attendue à ces questions. Il s'agit seulement de commencer à distinguer, dans le tissu de votre vie actuelle, ce qui vous appartient réellement de ce qui a été enfilé par habitude ou par facilité.

3. Accueillir la douleur plutôt que lui résister

Face à ce qui fait mal en vous — un regret ancien, une blessure jamais vraiment refermée, une part de vous-même que vous jugez sévèrement — le réflexe le plus courant consiste à lutter, à repousser, à vouloir faire taire au plus vite. Cette lutte, pourtant, a tendance à renforcer ce qu'elle cherche à combattre, un peu comme on prendrait plus de force en poussant contre un mur qu'en le laissant simplement être là.

Il existe une autre manière de faire, empruntée à l'aïkido : plutôt que de s'opposer frontalement à la force qui vient, on l'accueille, on en prend l'énergie pour la rediriger, sans jamais chercher à l'annuler par la force. Appliqué à une douleur intérieure, ce principe se traduit par un geste tout simple : accueillir ce qui fait mal comme on consolerait un enfant, avec douceur, plutôt que de le gronder pour avoir pleuré. Ce n'est pas une résignation. C'est souvent la condition pour que la douleur, enfin reconnue, cesse de réclamer autant d'énergie pour se faire entendre.

Ces trois gestes ne produisent pas d'effet spectaculaire du jour au lendemain. Ils installent, avec le temps, une relation plus honnête et plus douce avec soi-même — ce qui, en définitive, est le socle sur lequel tout le reste peut se construire.

→ Article complémentaire : Le masque qu'on n'a pas choisi

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Avertissement : le contenu de ce blog est informatif et pédagogique. Il ne remplace en aucun cas un avis médical, un diagnostic, ni un suivi psychologique ou psychiatrique clinique. N'interrompez jamais un traitement sans l'avis de votre médecin. Voir le Cadre déontologique de ma pratique.

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